jeudi, juillet 06, 2006

Oxygène et travail pugilistique (II).

Dans la mise en train comme dans le retour au calme, il est sage de laisser l'oxygène intervenir dans la régénération de l'ATP en cours de dépense.

1. Le taux d'acide lactique augmente dans le muscle en début d'exercice physique.

Dans les muscles mis en oeuvre lors de la réalisation de tout exercice physique, il y a toujours augmentation ne fut-ce que transitoire du taux d'acide lactique. L'importance de l'augmentation dépend d'une part de l'intensité de l'exercice auquel les muscles viennent de se livrer et, d'autre part, du débit sanguin au niveau de ces muscles.

2. Acide lactique et intensité de l'exercice.

Au cours d'un exercice d'intensité modérée comme la marche ou la natation, l'augmentation de la concentration d'acide lactique est fugace et n'a lieu qu'en début d'exercice. En effet, au fur et à mesure que l'exercice se prolonge, il y a une participation de plus en plus importante de la filière aérobie dans la régénération de l'ATP dépensée.

Plus l'intensité de l'exercice augmente, plus grande est la quantité d'acide lactique produite par unité de temps.

Cela est lié aux voies cataboliques du glycogène, principal substrat dans la production d'énergie dont le muscle a besoin. La dégradation du glycogène est couplée à la synthèse d'ATP. Le glycogène se dégrade d'abord jusqu'à la formation de l'acide pyruvique avant que n'intervienne, selon la disponibilté d'oxygène dans le muscle, soit la filière aérobie, soit la filière anaérobie lactique.

Si la quantité d'oxygène qui parvient au muscle par la circulation sanguine correspond à celle requise par l'intensité du travail exécuté, l'acide pyruvique se dégrade jusqu'à la formation d'eau et de dioxyde de carbone (filière aérobie). Lorsque la quantité d'oxygène d'origine circulatoire est inférieure à celle requise pour ne faire intervenir que la filière aérobie dans la réalisation du travail présent, la dégradation par la filière anaérobie vole au secours de la filière aérobie par la production d'une quantité supplémentaire d'ATP en dégradant l'excès d'acide pyruvique en acide lactique. Le déficit d'oxygène en début de tout exercice fait aussi intervenir la filière anaérobie lactique, transitoirement pour un exercice d'intensité modérée mais de façon continue si la quantité d'oxygène d'origine circulatoire reste continuellement inférieure à celle requise pour ne faire intervenir que la filière aérobie dans l'exécution de l'exercice.

3. Acide lactique et fatigue.

L'acide lactique se dissocie en lactate et en proton. Ce dernier est un acide plus fort que l'acide dont il provient. Or, dans de nombreuses cellules et peut-être dans toutes, l'acidité bloque le métabolisme et donc, le fonctionnement normal. En outre, le lactate contribue à la genèse de la fatigue musculaire.

4. Débit sanguin et taux d'acide lactique au niveau du muscle.

Le muscle cardiaque, le cortex rénal et les muscles squelettiques sont capables d'utiliser l'acide lactique comme le muscle utiliserait le glycogène pour la synthèse d'ATP. Le foie peut transformer l'acide lactique en glycogène et en glucose, utilisables ultérieurement dans les filières de régénération d'ATP. Pour arriver à tout ces territoires où le lactate produit dans le muscle doit être utilisé et par la même occasion voir diminuer dans ce dernier sa concentration et la fatigue qui a résulté de l'augmentation de son taux, la circulation sanguine intervient et d'autant plus rapidement qu'elle se fait à une vitesse légèrement au-dessus de la valeur de repos.

5. Implications du point de vue du savoir-être.

Les activités de la mise en train tout comme celles du retour au calme doivent se réaliser en aérobie strict, c'est-à-dire, en veillant à ce que la fatigue musculaire n'apparaisse pas. En effet, très rares sont les cas où la fatigue n'est pas préjudiciable à la réalisation de la partie principale d'une leçon de boxe anglaise, et après cette dernière partie, il vaut mieux se défatiguer plutôt que de se maintenir en état de fatigue.

6. Ouvrages consultés.

- Clyde Williams (1990, reprinted 1996), Metabolic aspects of exercise in Physiology of Sports. Eds. T. Reilly, N. Secher, P. Snell and C. Williams, E & FN Spon, 495p., pp.9-25.

- Robert A. Robergs & Scott O. Roberts (1997), Exercise Physiology - Exercise, Performance, and Clinical Applications, Mosby, St. Louis, 840 p., p. 548.

André MUKALA NSENGU TSHIBANGU,
Prévôt Fédéral, Juge et Directeur d'Assaut.

3 Comments:

Anonymous Anonyme said...

voila je voulez laisser une petit trace;)
J'ai 22 ans et je debute dans la boxe anglaise(loisir) et ce blog m'apprend beaucoup de choses.Je le trouve d'ailleur tres bien realisé.Longue vie a "boxe-anglaise.blogspot.com"

vendredi, juillet 07, 2006 3:40:00 PM  
Anonymous Anonyme said...

desolé pour les fautes d'orthographe :(

vendredi, juillet 07, 2006 3:49:00 PM  
Blogger André MUKALA NSENGU TSHIBANGU said...

Bonjour Jonathan!

Merci pour l'intérêt porté à notre blog et surtout merci de vous être décidé à pratiquer le noble art.

Si le blog vous a appris des choses, cela signifie qu'il a servi à quelque chose.

N'hésitez pas à vous mettre en contact avec nous pour un éventuel conseil ou si quelque difficulté surgissait au cours de vos futurs entraînements.

Bonne Chance et succès dans la pratique!

André MUKALA NS. TSH.

samedi, juillet 08, 2006 2:53:00 PM  

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